Il fait froid, il neige, les montag,es secouvrent d'un duvet blanc et moelleux... Les Alpes disparraisent sous un blanc manteau. L'hiver est là.

Et il n'est rien de plus beau que la montagne sous la neige, donc plaisir, plaisir...

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Annecy, capitale du comté de Genève au XIIIe siècle, naît au XIIe siècle autour de son château.
C’est une ville dynamique et ouverte de l’empire germanique. Elle prospère au XVIe et XVIIe siècle devenant ainsi l’une des capitales d’une Suisse indépendante et vindicative.
Au plus fort de la contre réforme, elle se couvre de couvents et d’églises. 
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La prospérité d’Annecy et de la région ne faiblit pas tout au long des siècles.
Aujourd’hui, les charmes des rives du lac et du centre ville sont préservés et font de cette région l’une des plus belles des Alpes.
 
Au centre de la ville, l’ancien château des ducs de Savoie offre une belle vue sur les toits de la ville et, au loin, le lac et les premiers contreforts alpins.
Au centre de la ville, des canaux se glissent entre les hautes façades colorées des immeubles bourgeois, la Venise des alpes offre en son centre une vie animée.
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Le palais de l’île, ancienne maison seigneuriale du XIIe siècle, permet de parcourir l’histoire de la ville depuis sa création.
 
Autour du lac, autrefois l’un des plus pollué d’Europe, mais aujourd’hui l’un des plus propre, villages, châteaux et montagnes offrent aux visiteurs de multiples occasions de découvrir la région.

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La BNF (*),
 
Rien ne laisse présager un tel ensemble de bâtiments en bord de Seine pour le voyageur non averti.
Posées comme une immense sculpture minimaliste, les quatre tours de la BNF et leur socle constituent depuis quelques années le paysage du sud de paris. Œuvre de l’Architecte Dominique Perrault, elle est le repère emblématique de l’ère Mitterrand des grands travaux, voulu par le président lui-même, qu’il a choisi au moment du concours.
 
(*) Bibliothèque Nationale de France

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Cette œuvre est le reflet d’une approche esthétisante et symbolique de l’architecture : ici, pas de rapport à la ville, de lieue de vie, d’animation du quartier comme à Beaubourg, mais une œuvre d’art monumentale, dont la pureté des lignes, les reflets sans fin, la qualité du dessin en font une œuvre photogénique à l’excès.
 
Un emblème de nuit comme de jour, un ailleurs dans la nuit parisienne…

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Les Fleurs du mal de Baudelaire
 
CXXVI. Le Voyage
 
À Maxime Du Camp.
   
   I
   
    Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
    L'univers est égal à son vaste appétit.
    Ah ! Que le monde est grand à la clarté des lampes !
    Aux yeux du souvenir que le monde est petit !
   
    Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
    Le cœur gros de rancune et de désirs amers,
    Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
    Berçant notre infini sur le fini des mers :
   
    Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
    D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
    Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
    La Circé tyrannique aux dangereux parfums.
   
    Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
    D'espace et de lumière et de cieux embrasés ;
    La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
    Effacent lentement la marque des baisers.
   
    Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
    Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons,
    De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
    Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !
   
    Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
    Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
    De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
    Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom !
   
   II
   
    Nous imitons, horreur ! La toupie et la boule
    Dans leur valse et leurs bonds ; même dans nos sommeils
    La Curiosité nous tourmente et nous roule,
    Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.
   
    Singulière fortune où le but se déplace,
    Et, n'étant nulle part, peut être n'importe où :
    Où l'Homme, dont jamais l'espérance n'est lasse,
    Pour trouver le repos court toujours comme un fou !
   
    Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie ;
    Une voix retentit sur le pont : " Ouvre œil ! "
    Une voix de la hune, ardente et folle, crie :
    " Amour... Gloire... Bonheur ! " Enfer ! C'est un écueil !
   
    Chaque îlot signalé par l'homme de vigie
    Est un Eldorado promis par le Destin ;
    L'Imagination qui dresse son orgie
    Ne trouve qu'un récif aux clartés du matin.
   
    Ô le pauvre amoureux des pays chimériques !
    Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,
    Ce matelot ivrogne, inventeur d'Amériques
    Dont le mirage rend le gouffre plus amer ?
   
    Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,
    Rêve, le nez en l'air, de brillants paradis ;
    Son œil ensorcelé découvre une Capoue
    Partout où la chandelle illumine un taudis.
   
   III
   
    Étonnants voyageurs ! Quelles nobles histoires
    Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
    Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
    Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.
   
    Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
    Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
    Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
    Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.
   
    Dites, qu'avez-vous vu ?
   
   IV
   
    " Nous avons vu des astres
    Et des flots ; nous avons vu des sables aussi ;
    Et, malgré bien des chocs et d'imprévus désastres,
    Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.
   
    La gloire du soleil sur la mer violette,
    La gloire des cités dans le soleil couchant,
    Allumaient dans nos cœurs une ardeur inquiète
    De plonger dans un ciel au reflet alléchant.
   
    Les plus riches cités, les plus grands paysages,
    Jamais ne contenaient l'attrait mystérieux
    De ceux que le hasard fait avec les nuages.
    Et toujours le désir nous rendait soucieux !
   
    - La jouissance ajoute au désir de la force.
    Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d'engrais,
    Cependant que grossit et durcit ton écorce,
    Tes branches veulent voir le soleil de plus près !
   
    Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace
    Que le cyprès ? - pourtant nous avons, avec soin,
    Cueilli quelques croquis pour votre album vorace,
    Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin !
   
    Nous avons salué des idoles à trompe :
    Des trônes constellés de joyaux lumineux ;
    Des palais ouvragés dont la féerique pompe
    Serait pour vos banquiers une rêve ruineux ;
   
    Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse ;
    Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,
    Et des jongleurs savants que le serpent caresse. "
   
   V
   
    Et puis, et puis encore ?
   
   VI
   
    " Ô cerveaux enfantins !
   
    Pour ne pas oublier la chose capitale,
    Nous avons vu partout, et sans l'avoir cherché,
    Du haut jusques en bas de l'échelle fatale,
    Le spectacle ennuyeux de l'immortel péché :
   
    La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
    Sans rire s'adorant et s'aimant sans dégoût ;
    L'homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
    Esclave de l'esclave et ruisseau dans l'égout ;
   
    Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote ;
    La fête qu'assaisonne et parfume le sang ;
    Le poison du pouvoir énervant le despote,
    Et le peuple amoureux du fouet abrutissant ;
   
    Plusieurs religions semblables à la nôtre,
    Toutes escaladant le ciel ; la Sainteté,
    Comme en un lit de plume un délicat se vautre,
    Dans les clous et le crin cherchant la volupté ;
   
    L'Humanité bavarde, ivre de son génie,
    Et folle, maintenant comme elle était jadis,
    Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie :
    " Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis ! "
   
    Et les moins sots, hardis amants de la Démence,
    Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,
    Et se réfugiant dans l'opium immense !
    - Tel est du globe entier l'éternel bulletin. "
   
   VII
   
    Amer savoir, celui qu'on tire du voyage !
    Le monde, monotone et petit, aujourd'hui,
    Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
    Une oasis d'horreur dans un désert d'ennui !
   
    Faut-il partir ? Rester ? Si tu peux rester, reste ;
    Pars, s'il le faut. L'un court, et l'autre se tapit
    Pour tromper l'ennemi vigilant et funeste,
    Le Temps ! Il est, hélas ! Des coureurs sans répit,
   
    Comme le Juif errant et comme les apôtres,
    À qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,
    Pour fuir ce rétiaire infâme ; il en est d'autres
    Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.
   
    Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,
    Nous pourrons espérer et crier : En avant !
    De même qu'autrefois nous partions pour la Chine,
    Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,
   
    Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres
    Avec le cœur joyeux d'un jeune passager.
    Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,
    Qui chantent : " par ici ! Vous qui voulez manger
   
    Le Lotus parfumé ! C'est ici qu'on vendange
    Les fruits miraculeux dont votre cœur a faim ;
    Venez vous enivrer de la douceur étrange
    De cette après-midi qui n'a jamais de fin ! "
   
    À l'accent familier nous devinons le spectre ;
    Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.
    " Pour rafraîchir ton cœur nage vers ton Électre ! "
    Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.
   
   VIII
   
    Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! Levons l'ancre !
    Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
    Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
    Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !
   
    Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
    Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
    Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe,
    Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !

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