L’île de Ceylan a une histoire riche qui remonte au Ve siècle avant JC.
 
A cette époque, dans les riches plaines du Nord de l’île, le royaume d’Anuradhapura est en plein essor : l’irrigation des grandes plaines, la création d’immenses tanks (réservoirs d’eau) de la taille de véritables lacs, les palais, les temples… marquent cette époque prospère.
Le royaume est alors l’une des civilisations les plus riches et les plus techniquement avancées de l’humanité.
 
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Le bouddhisme arrivera dans l’île au IIIe siècle av JC, porté par les émissaires de l’empereur Ashoka qui règne sur un empire couvrant l’ensemble de la péninsule indienne. La conversion au bouddhisme du royaume d’Anuradhapura marque un tournant essentiel dans l’histoire de l’île. A partir de cette époque, le Sri Lanka devient l’un des foyers les plus dynamique de la culture bouddhiste qui prend une dimension toute particulière dans cette île. C’est au Sri Lanka que se développe le bouddhisme de l‘école du Theravada qui influencera tous les pays d’Asie du sud-est (Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos).
 
Face au recul du bouddhisme dans la péninsule indienne puis, plus tard, face à l’islam, l’île de Ceylan restera un foyer vivant et actif pour la communauté bouddhiste.
 
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Durant plus de 1 500 ans, du IVe siècle av JC au XIIe siècle après JC, les deux grandes citées royales d’Anuradhapura et de Polonnaruwa constitueront les foyers les plus importants de la culture cingalaise.
 
Pôle économique majeur de l’océan indien, l‘ile est un relais entre l’Inde, le Moyen Orient et l’Asie du sud-est.
Les relations avec les royaumes indiens d’Indonésie, le royaume Khmer ou les royaumes Birmans et Thaï seront constants. La religion, la littérature, l’architecture initialisés dans l’île seront largement diffusées dans ces régions.
Ceylan joue, à cette époque, un rôle important d’incubateur d’une culture indienne et bouddhiste qui préexiste face aux grands royaumes hindous du sud de l’Inde qui essaieront de nombreuses fois de conquérir l’île sans succès.
 
Aujourd’hui, quand on parcoure les deux villes royales, on peut prendre la mesure de cette puissance et de cette créativité à travers les nombreux bâtiments qui ont été conservés : temples, bains, dagoba (immenses structures en forme de dôme dédiées au Bouddha dont on peut voir les déclinaisons en Birmanie et en Thaïlande), forteresses…
 
Les peintures que l’ont découvre dans les différentes grottes du pays sont les témoins de cette époque de splendeur et de puissance.
 
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Puis, au XIIe et XIIIe siècle, le royaume de Polonnaruwa décline. Les raids des royaumes du sud de l’Inde sont de plus en plus meurtriers. Le Nord de l’île est conquis par les hindous, les tanks (lacs artificiels) sont détruits, les villes et villages abandonnés, l’agriculture s’effondre, les paysages changent et la plaine fertile devient un paysage de brousse.
La splendeur des cités a disparu.
 
Le centre du pouvoir se déplace dans le centre et le sud de l’île dans les montagnes et sur les côtes.
 
Les hindous implantés au Nord autour de Jaffna développent un royaume Tamoul en contact avec le sud de l’Inde causes des déchirements actuels.
 
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Au sud, les marchands musulmans s’implantent dans les comptoirs relais vers l’Asie de l’Est. Puis, les portugais s’installent sur la côté et prennent le contrôle des grandes plaines intérieures et de l’ensemble du commerce. Seul le royaume de Kandy, dans les montagnes du centre, préservera son indépendance. Berceau du nouveau Sri Lanka, c’est à Kandy que se prolonge et est préservée la culture cingalaise.
 
Au XVIIe siècle, les hollandais prirent la succession des portugais, puis les britanniques au XIXe supplantèrent les hollandais et annexèrent le royaume de Kandy.

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De toute les manifestations de l’art cingalais, la statuaire est certainement l’art le plus aboutie et le plus significatif de l’appropriation par un peuple d’une religion, en l’occurrence le bouddhisme.
 
Diverse et prolifique, la statuaire s’est développée à toutes les échelles. La représentation de Bouddha, assis, couché ou debout étant les thèmes les plus récurant .
 

 

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A une approche très classique de la statuaire de taille moyenne que l’on retrouve dans les grottes et les temples des villes royales, on reconnaît l’influence des sculptures indiennes et notamment du mouvement gréco-bouddhiste qui s’est épanoui dans le nord de la péninsule.
 
Mais, l’originalité de l’approche artistique cingalaise et la créativité stylistique et expressive on la trouve dans la statuaire monumentale. Celle-ci va s’épanouir dans toute l’île en dehors même des grandes cités. Expression même d’une appropriation du religieux par la population, ces statues vont devenir des lieux sacrés au même titre que les temples.
 


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L’originalité de l’approche repose dans un travail tout en finesse de blocs monumentaux laissés en partie bruts et en partie sculptés.
L’image sort de la pierre, elle est l’émanation même de la roche laissée en partie brute.
La finesse de la sculpture des drapés notamment contraste avec la rugosité de la pierre naturelle.
La maîtrise scénique de ces compositions monumentales renforce cet effet. On est souvent face à une sculpture de Rodin ou d’un esclave de Michel Ange à une échelle démultipliée.
 


Cet art, on le trouve dans son expression la plus aboutie dans l’ensemble de Gal Vihara, composé d’un Bouddha couché, d’un Bouddha assis et d’un Bouddha debout. C’est bien le Bouddha couché qui exprime le mieux le sommet de cet art et notamment la tête reposant gracieusement sur son coussin, celui-ci apparaissant d’un confort absolu (bien que taillé dans la pierre !).



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Au centre de l’île, il existe une forteresse oubliée des hommes, perchée au sommet d’un immense rocher. Elle surplombe toute la campagne et a ses pieds on retrouve les restes d’une cité magnifique aux jardins réguliers et aux grandes allées monumentales, le tout entouré par une douve immense parfaitement symétrique.
 
Un monde d’équilibre, de majesté et de splendeur. 
 
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Construite au Ve siècle par le roi Kasyapa d’Anuradhapura pour pouvoir résister à une invasion indienne, elle fut rapidement transformée en une retraite monastique, puis abandonné.
 
Le site est tout à la fois un immense jardin, reflet des fastes de la cour, un site exceptionnel marqué par ce rocher gigantesque et un palais (situé au sommet) d’où l’on peut admirer les paysages des plaines et forêts du centre.  

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Sur le parcours, pour gravir le rocher, une série de fresques : les Demoiselles de Sigirya, témoigne de l’art de cette époque et du faste de la cour. Des 500 portraits existant à l’origine, il n’en reste que 22, qui sont toutefois de vivants témoignages d’un art consommé comparable aux plus belles fresques des grottes bouddhistes d’Ajanta en Inde.

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