Le Registan est l'un des ensembles architecturaux les plus somptueux d'Asie Centrale et du monde islamique. 

Cet ensemble de trois médersa disposées autour d'une cours centrale est très justement proportionné.

Les effets de perpectives et de lecture des façades sont parfaitement maîtrisés. La légére inclinaison des façades et des minarets corrige en effet les jeux de perspectives et renforce le côté imposant des immenses portes qui donnent accès aux différentes médersa. A l'intérieur de celles-ci, les arcades en double hauteur sont du plus bel effet.

Tout ici est parfaitement maîtrisé : de la géométrie d'ensemble à l'ordonnencement des bâtiments et à la décoration somptueuse des façades.

A l'ouest, la medersa d'Ulug Beg est la plus ancienne. Achevée en 1420, on y enseignait la théologie bien sûr mais également les mathématiques, l'astronomie et la philosophie à une époque où le monde musulman est en avance sur l'occident et recueiille les expériences et réflexions des grandes civilisations d'asie : la Chine et l'Inde.

Une centaine d'étudiant résidait dans la medersa.

Les deux autres bâtiments s'inspirent directement de la medersa d'Ulug Beg, édifiée par l'émir Chaybanadine Yalangtouch au XVIIe siècle.

A l'est, la medersa Chir Dor (1636) est décorée d'animaux et notamment de deux superbes lions en façades, emblèmes du pays que l'on retrouve sur les billets de banque. Entre les deux, face aux visiteurs, la medersa Tilia Kari (1660).

L'ensemble constituait une véritable université, un ensemble dédié à Dieu et au savoir, le centre de la vie intellectuelle de l'ancienne Samarcande.

 Medersa Tilia Kari.


Medersa Ulug Beg.




Cours intérieure de la medersa Chir Dor.








Medersa Chir Dor.



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Samarcande, la merveilleuse. Ville symbole de la route de la soie, inscrite dans notre imaginaire, sujet ou lieu de nombreux récits. Cette ville est un mirage, quand on évoque l'Asie Centrale, tout de suite on pense à la route de la soie et à Samarcande la sublime. A tel point que pour certain, cette ville n'existe plus depuis des lustres...

C'est vrai, cette ville a un lointain passé... Déjà pour Alexandre le Grand, elle était la ville à conquérir pour s'assurer le contrôle des oasis de Tranxoxiane. Depuis, elle est restée au centre de toutes les convoitises. Capitale de l'empire de Timur (notre Tamerlan), de son petit-fils Ulug Beg et des Chaybanides ouzbeks, elle reste la ville de la renaissance Timouride du XIV et XVe. Son rayonnement culturel, artistique et intellectuel à cette époque couvre l'ensemble du monde musulman, du Maroc à l'Inde en passant par l'Égypte, la Syrie et l'Iran.

Aujourd'hui, la multitude des monuments et leur beauté sont le charme principal de la ville. L'urbanisme russe et soviétique a en partie dénaturé la vieille ville, on ne trouve pas à Samarcande le charme de Boukhara.

Par contre, les ensembles architecturaux du Registan et du Chah-i-Zinda sont uniques au monde et figurent parmis les monuments les plus somptueux et intéressants de l'architecture islamique.

Le Registan est un ensemble de trois medersa disposées autour d'une grande place : côté ouest, la medersa d'Ulug Beg est la plus ancienne - 1420. Les medersas Chir Dor et Tilia Kari ont été construites plus tard au XVIIe.

Ce qui caractérise cet ensemble, ce sont les proportions parfaites entre les différents édifices et la décoration géométrique en briques vernissées bleues, vertes et or surabondantes. L'équilibre des proportions est du à des effets de perspectives savamment calculés, aucun édifice n'est droit, les façades sont légèrement penchées vers le spectateur, les minarets sont penchés vers le centre de la composition, les façades sont construites sur un plan légèrement courbe, les proportions des niches sont corrigées en fonction de la hauteur.

Ces détails sont perceptibles de deux façons : soit en s'écartant du centre de la composition et en regardant les bâtiments par derrière par exemple, soit en essayant de les dessiner, ce qui fut mon cas. Les lignes de perspectives étant faussées, on voit très vite que toutes les lignes de fuite sont courbes au lieu d'être droites. L'ensemble de ces effets a pour but de renforcer la monumentalité des façades extérieures et intérieures.

Le spectateur se sent de ce fait, petit face à ces portes immenses qui l'écrasent presque. C'est clairement la mise en scène du pouvoir absolu de la religion sur l'homme, de l'islam sur la société. La beauté du site mérite plusieurs visites pour pouvoir admirer les différentes façades au soleil de midi, au levant et au couchant.

Le Chah-i-Zinda, ensemble de mausolées, se situe un peu à l'extérieur de la ville à l'ouest. Site très émouvant, il est constitué d'une rue principale qui escalade la colline, bordée de plusieurs mausolées de la famille et des proches des Timourides.

L'architecture ici ne recherche pas la monumentalité, mais le recueillement et la contemplation. Les bâtiments sont modestes, mais la décoration des façades est très délicate et unique en Asie Centrale. Richesse des décors, entrelacs, motifs géométriques sont offerts aux yeux du visiteur. La dimension réduite des bâtiments permet d'apprécier l'ensemble de l'ouvrage. La quiétude du site et sa sérénité en font un lieu de destination privilégiée comparable à la nécropole musulmane de Chor-Bakr à Boukhara.

D'autres sites méritent une visite : la mosquée de Bibi Khanoum, le mausolée du Gour Emir et surtout le grand bazar où vous pouvez côtoyer toutes les ethnies de l'Ouzbékistan : Tadjiks, Mongols, Russes et Ouzbeks.

Laissez-vous envahir par le charme de la vieille ville et bonne visite.


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Boukhara la magnifique donne une bonne idée de ce que pouvait être les citées d’Asie centrale au temps de leur splendeur, avant le déclin de la route de la soie et l’arrivée des russes au XIXe.

 

Capitale de l’état Samanide au Ixe et Xe, Boukhara est resté tout au long de son histoire une ville importante, centre religieux et commerçant qu’elle soit une ville prospère pendant l’empire Timouride ou capitale du Khanat de Boukhara au XVIe ou des Mangit au XIXe avant l’arrivée des russes en 1868.

 

C’est en parcourant le dédale des ruelles que l’on découvre la richesse de ces monuments (140 sont classés), ce ne sont que medersas, caravansérails, bazards et mosquées. Le charme de la ville, la profusion des bâtiments, l’ambiance sereine qui règne dans les marchées et les terrasses en font une halte incontournable. 2 jours sont nécessaire pour apprécier l’ensemble des monuments et le charme de la ville.

 

A Boukhara ont trouve deux type d’architecture, une architecture sobre, marqué par le tradition de l’antique tranxoxiane, et caractérisé par l’utilisation de la brique crue monochrome, disposé selon de savante combinaison formant des figures géométrique subtile et d’une grande richesse formelle. Deux exemples caractéristiques de ce travail sont le mausolée d’Ismaïl Samani du Xe et le minaret Kalon. Cette architecture est le digne reflet d’une architecture plus ancienne dont les vestiges sont peu nombreux.

 

Le deuxième type d’architecture est basé sur les formes stylistiques de l’architecture Timouride, brique vernissées, profusion des détails et des décors, monumentalité des bâtiments, usage d’effet de perspectives. Plusieurs monument témoigne de cette époque notamment la medersa Mir-i-Arab et la grande mosquée Kalon.

 

Les nombreux caravansérails témoigne de l’importance de la cité autrefois, aujourd’hui il sont soit à l’abandon, soit reconvertis en restaurants, ateliers ou marché certain continue à accueillir des étudiants. N’hésiter pas à prendre le temps de vous reposer dans leur cour et jardin intérieur.

 

Bonne visite…


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Khiva est une perle perdue au milieu du désert. Cette cité prospère au XIXe, grand centre du trafic d'esclaves, est devenue en son centre un vrai décor de cinéma.
La vieille ville entourée par son enceinte est comme pétrifiée dans le temps. Tout a été préservé : mausolées, mosquées, palais, caravansérail... Et tout a été transformé en musée, de tout et de rien, surtout de n'importe quoi.

 

Reste le charme de cette ville qui bien qu'elle est perdue toute animation, a conservé son caractère. Ne pas oublier du coup de faire un tour au marché situé à proximité de l'enceinte pour retrouver la vie urbaine caractéristique des villes Ouzbéques. Les monuments à l'intérieur de l'enceinte sont nombreux, certains sont très beaux. Le site mérite d'y rester une nuit et mieux vaut dormir à Khiva, qu'à Ourgentch qui n'a aucun intérêt.

 

L'oasis du Kharezm est occupé depuis des temps très anciens (5 mille ans environ). L'implantation humaine sur le site est donc millénaire. Toutefois, les premières traces de vestiges datent du VIIIe. La ville commenca à devenir un centre important à partir du XVIe, et surtout pendant les siècles suivants. La plus grande partie des monuments datent du XVII, XVIII et XIXe. L'architecture est de ce fait assez différente par rapport aux autres villes ouzbek.

 

D'autre part, Khiva fait partie d'un ensemble culturel qui est aujourd'hui coupé en deux entre l'Ouzbékistan et le Tukménistan. Ourgentch la vieille, l'ancienne capitale de l'oasis, est à quelques kilomètres, côté Tukmène. Il faudrait pouvoir voir l'ensemble pour apprécier cette civilisation particulière. Hors, l'entrée et le séjour au Turkémistan relevant du casse tête, nous n'avons pas tenté l'aventure. Dommage...

La promenade dans Khiva est marquée par la présence des minarets, nombreux, isolés, et pour certains démesurément hauts (jusqu'à 45 mètres). Leur décor polychrome est caractéristique de l'art islamique du XIXe. On peut d'ailleurs percevoir une certaine décadence dans ce style un peu tapageur que l'on retrouve sur les bords du Bosphore à Istambul.

 

La mosquée Juma est très particulière, c'est un édifice construit sur le modèle des premières mosquées et des mosquées andalouses. Grandes salles hypostyles et une forêt de colonnes en bois donnent une qualité particulière à l'espace. On est loin des grands volumes dégagés des mosquées traditionnelles.

 

Le Palais Tosh-Khovli est une demeure assez déroutante. Un véritable dédale de cours et de bâtiments décoré de céramique bleue, donne à ce palais, l'allure d'un gigantesque labyrinthe, une ville dans la ville.

 

Le Mausolée Pahlavon Mohammed, au centre de la ville est incontournable. Plusieurs tombes sont construites autour. Le bâtiment très classique renferme une cour agréable menant au sein des seins, le tombeau de Pahlavon Mohammed.

 

Mais l'essentiel de cette ville s'appréhende en flânant dans les ruelles, en admirant la ville du haut minaret de la medersa Islom-Huja ou en buvant un verre à une terrasse au soleil couchant.


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