Publié dans : EGYPTE
Vendredi 6 avril 2007 5 06 /04 /Avr /2007 22:54

Louxor, le temple:


Edifié par Aménophis III (1390-1352 av JC) le temple de Louxor est un vestige grandiose du Nouvel Empire. Son emplacement au bord du Nil permet de l’apprécier aussi bien depuis les rives du Nil que depuis les quartiers avoisinants. Aujourd’hui la ville entoure ce qui fut l’un des temples majeurs de la Thèbes antique. En le voyant ainsi surgir des constructions récentes j’ai été à la fois surpris et impressionné par la beauté du site et l’ampleur des constructions.

 
Quand on pénètre à l’intérieur du temple de Louxor on est transporté 3 400 ans en arrière. Difficile d’imaginer aujourd’hui ce que pouvait être cette civilisation, même si les ouvrages sont nombreux, romans, récits, ouvrages d’érudit, traité scientifique, l’Egypte antique est un sujet étudié, décrypté depuis 200 ans. Mais ils n’en reste pas moins que ses mœurs, sa religion, sa politique, son art sont bien éloignés de nos civilisations contemporaines. Si vous êtes bouddhistes ou hindouiste vous pouvez trouvez un sens aux bas reliefs d’Angkor, si vous êtes un occidental vous pouvez vous identifier aux temples romains ou grecs, si vous êtes juif la moindre inscription antique est pour vous un témoignage d’une terrible actualité. Pour l’egypte, cette civilisation perdue, j’ai l’impression d’être face à une civilisation d’un autre age, d’un autre monde, d’un autre temps.

 
Sentiment étrange et parfois troublant, je me suis parfois sentie dans la peau d’un intrus, d’un profanateur, drôle d’impression. Pour moi du coup et paradoxalement l’egypte me renvoi à l’inde et à la civilisation hindou, parce qu’elle plonge ses racines dans l’histoire tout en continuant à exister. Pour moi le parallèle est parfois saisissant entre les deux civilisations et notamment dans l’ordonnancement de leur temple et leur approche de la mise en scène du sacré.
 
Le temple égyptiens, comme certain temple indien,  est constitué d’une succession de cour qui mènent vers le sein des seins qui reste souvent inaccessible au néophyte et dont de toute les manières l’accès n’est réservé que dans une relation individuel, un face à face entre les dieux et l’homme. Aucune grande salle pour des célébrations collectives comme dans l’architecture chrétienne ou musulmane.
 
Cette confrontation individuelle avec le sacré impose la mise en scène du parcours entre l’extérieur et le sein des seins. Ce parcours s’organise autour d’une succession de cours et d’allées majestueuses. Tout est fait pour glorifier les dieux et minimiser l'être humain, les proportions des ouvrages sont exacerbés, les colonnades sont monstrueuses, les portiques gigantesque, tout dans les premières salles est fait pour impressionner. Prouesses techniques inégalées à l’époque et qui le restera pendant des siècles, cette mise en scènes est tout à la fois impressionnante et déconcertante. A Louxor après avoir franchit le premier pylône on pénètre dans la cour de Ramsès II, celle-ci à été partiellement transformée par les arabes pour accueillir une mosquée, symbiose étrange, qui crée l’une des silhouette les plus attachante du site où se côtoient les pilastres antique et les coupoles de la mosquée.
Après cette cour les colonnades monumentales d’Aménophis III mènent à la deuxième cour d’Aménophis III, au fond le temple. Les successions des cours mènent aux temples proprement dits, celui-ci s’organise autour d’une succession de salles, de moins en moins hautes et de plus en plus petite. Au début c’est la grande salle hypostyle, 32 colonnes, puis la chambre centrale et enfin la Chapelle des offrandes à l’extrémité du temple le sein des seins, la salle où guidé par les prêtres on peut accéder aux dieux. Plus loin on trouve le sanctuaire de la barque d’Alexandre et tout au bout le sanctuaire d’Aménophis III, lieux sacré, accessible uniquement aux prêtres, à la frontière entre le monde d’ici et l’au-delà.
 
Toute cette architecture, cette organisation spatiale symbolise bien la main mise absolue des prêtres sur la société, tout contact avec les dieux passe par leur bon vouloir.
 
Civilisation étrange, si loin de nos préoccupations contemporaines.

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