Jeudi 1 novembre 2007
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Barcelone, Gaudi:
J’avance sur le toit l’air intrigué. En face de moi, les gueules monstrueuses et silencieuses sont plus grandes que moi. J’ai peur de disparaître dans ces êtres au ventre béant, au regard
aveugle, qui reste sans mouvement fixant un horizon lointain, gardiens d’un temple étrange fermé aux hommes et ouvert aux seuls dieux qui parcourent les toits de la ville.
Etrange, monstrueux, caparaçonner parfois de couleur éblouissantes et d’armures d’un autre temps, les monstres nous interrogent, nous, humains qui pénétrons sans
avis dans leur monde de silence.
Ils nous demandent d’où nous venons, pourquoi nous avons abandonné le monde des rêves pour une réalité ô combien banale, pourquoi nous sommes restés à terre et
avons oublié les chemins qui mènent aux délires et aux fantasmes de la vie.
Etrange… Parfois j’ai peur. Pourtant j’avance et je me rapproche mais le dragon se réveillera t’il ? La salamandre m’enterrera t’elle ?
Disparaîtrais-je dans les antres insoupçonnés et cachés par le grand maître sous les voûtes et les coupoles de ces toits sans fin ? Les gardiens m’aideront-ils à redescendre pour rejoindre
les vivants qui grouillent en bas, au ras du plancher entre les hommes et les femmes du peuple ?
Les enfants pourtant sourient. Ils ne sont pas intrigués par ces visages sans voix.
Aurions-nous perdu notre naïveté ? Ce regard émerveillé qu’autrefois nous portions sur les choses ? Peut-être. Peut-être pas. Les visions d’un vieux fou
seront-elles salvatrices ? Retrouverais-je mon âme d’enfant avec ce regard perdu ?
Antonio Gaudi nous emmène dans un monde unique.
Espagne:
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