Lundi 4 juin 2007 1 04 /06 /Juin /2007 12:00

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Le Canada est un pays plein de contrastes et déconcertant pour un européen.

Voyage dans un pays entre nature et civilisation urbaine à travers l'Ontario et le Quebec.

Pays des grands espaces, il nous montre aussi une juxtaposition violente entre tous les produits de l’urbanisme frénétique du XXeme siècle : tours de logements ou de bureaux, parkings, autoroutes, voies ferrées, usines, parcs d’attractions, centres commerciaux, lotissements, entrepôts... 

Tout est aggloméré, parcouru par des voies rapides, sans aucun souci d’aménagement.

Tout se percute et renvoi à un univers schysophrénique, où chaque espace induit un comportement différent, où l’espace urbain est laissé en déshérence, où des centres commerciaux luxurieux deviennent les nouveaux centres villes.
  

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On a ici renoncé à créer un paysage urbain maîtrisé.

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Restent les compositions héritées de l’urbanisme victorien de la fin du XIXe : parlement d’Ottawa, université de Toronto, vieille ville de Montréal qui renvoient à une conception de la ville hiérarchisée, composée, où l’espace public fait partie de la ville et en est une composante principale pleine de signification, où le bâti dialogue avec le vide.

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Toronto, aujourd’hui, c’est Sim City : des artères tracées au cordeau qui forment un immense damier, celui-ci étant rempli, au gré du hasard et de la spéculation, de bâtiments, de parkings de tours, de stations services…

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En se promenant dans ce dédale, on ressent un certain malaise : celui de parcourir à pied un espace dévolu uniquement au transport en voiture, qui n’a aucune signification ou autre utilité urbaine.

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On peut dire qu’il y a bien deux types de villes : la ville Nord Américaine, pur produit du XXe industriel et la ville européenne, résultat de plusieurs siècles d’histoire et surtout d’une volonté et d’une pratique de l’espace urbain complètement différentes.

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 Ici, je prends ma voiture pour tout faire : mes courses, aller chez le médecin, au travail, au restaurant etc.. La moitié de mes déplacements aboutit dans des centres commerciaux entourés d’immenses parkings où des gens font leurs courses, vont au restaurant ou se promènent.

Seuls les quartiers Chinois ou universitaires des grandes villes ont su recréer des espaces de vie avec des restaurants, des commerces, des étals, des terrasses.

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On peut peut-être critiquer mon attitude.
Dire que l’on ne peut pas rester pendant des siècles sur un schéma de la ville usé, qu’il faut faire face à l’explosion démographique, au développement des transports, des centres commerciaux et de la modernité...

Concevoir une autre ville : vaste débat qui à traversé tout le XXe.

Mais, aujourd’hui, nous sommes confrontés au résultat de cette interrogation et je reste persuadé que cette ville n’est pas faite pour moi ni pour vous, que ces espaces déserts, ces parkings sans limite, ces centres commerciaux sans âmes ne sont pas le gage d’une civilisation équilibrée.
Elle ne résulte pas d’un dialogue, mais d’une confrontation, d’une recherche effrénée de l’efficacité, du profit, de la banalité, de la mort…

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 Au Canada, ces deux approches existent, se confrontent et se superposent, comme en Europe entre la banlieue moderne façonnée par les années soixante et le reste de l’agglomération. Entre la banlieue qui s’embrase et celle qui observe médusée. 

A Montréal, c’est manifeste : le quartier autour de la rue Saint Denis et de l’Université évolue vers un modèle de mixité alliant logements, commerces, équipements publics (théâtres, cinémas, bibliothèques), restaurants et hôtels autour des implantations de l’Université.

Desservie par le métro et les nombreuses lignes de bus, la voiture n’est donc plus omniprésente.
La vie urbaine existe et évolue vers un juste équilibre entre la sphère privée et la sphère publique. Et ce après une polémique importante liée aux dernières opérations urbaines de la fin des années 80 qui ont amené la ville de Montréal à réorienter sa politique urbaine vers une approche plus humaine.

Il est donc possible, et c’est souhaitable, d’imaginer une autre ville, un autre monde, de jeter définitivement Sim City à la poubelle pour pouvoir créer une ville enfin humaine.

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La suite des photos dans l'album Canada en N & B

 

 

 


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